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DOSSIERS THÉMATIQUES FNCAUE
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• Clés d'aménagement et d'intégration dans l'environnement
Mis à jour le 02 août 2011

par Joseph Rigot, Céline Eyraud


Le cimetière et le paysage


Le site


L’emplacement des premiers cimetières était traditionnellement à proximité de l’ancienne église, les “âmes et les corps à l’ombre de Dieu”. Un décret impérial du 12 Juin 1804 spécifiant “qu’il y aura hors chacune des villes et des bourgs, à la distance de 35 ou 40 mètres au moins de leur enceinte, des terrains spécialement consacrés à l’inhumation des morts” a repoussé le cimetière hors du bourg. Par conséquent, son implantation au milieu des champs est la plus répandue. Aujourd’hui, ce règlement est tombé en désuétude, le continuum bâti de la ville étendue a rattrapé, au fil des décennies, ces lieux du souvenir qui, dans certaines villes, sont devenus un poumon vert, un parc ou un belvédère. L’isolement est toutefois sa caractéristique première, renforcé par le vide et les hauts murs autrefois réglementaires qui l’entourent. Ainsi, il convient de le rattacher à son contexte, qu’il soit urbain ou rural, pour en faire un véritable espace public.



 

La création et l’agrandissement d’un cimetière sont librement décidés par la commune sous réserve de l’application des dispositions du code de l’urbanisme. Une autorisation préfectorale est nécessaire pour des périmètres situés à moins de 35 m des habitations et dans le périmètre d’agglomération (communes de plus de 2000 habitants). Pour rendre cette autorisation, le représentant de l’Etat dans le département se fondera sur la conclusion de l’enquête de commodo et incommodo, dont les règles sont définies dans les circulaires du ministère de l’Intérieur du 3 mars 1986 et du 14 février 1995.

 

Le projet et l’esprit du lieu

Réfléchir au devenir d’un cimetière suite à un manque de place ou pour y intégrer des fonctions nouvelles, c’est développer un espace public à part entière.

Il est préférable d’étendre le cimetière existant afin de maintenir une unité dans la mémoire collective et éviter ainsi de créer une rupture.

Traditionnellement, il était conseillé d’implanter les cimetières sur les terrains les plus élevés et exposés au nord, l’élévation ayant pour but d’éviter la présence d’eaux souterraines. Cette vision hygiéniste a eu pour effet de créer des cimetières avec un environnement hostile de part leur topographie et leur orientation. Aujourd’hui, lors de la création d’un cimetière, la qualité du site, ses points de vue, les structures végétales ou bâties qui le composent seront étudiées afin de créer un lieu doté de sens, propice à la promenade et à la méditation, où l’intimité et la spiritualité de chacun sont respectées. Le choix définitif dépendra des contraintes techniques et notamment des études géotechniques.



Le cimetière isolé du bourg, un enclos dans le paysage pour se recueillir.

Le cimetière est par définition un équipement public, obligatoire et neutre. Public car chaque commune doit consacrer à l’inhumation des morts un ou plusieurs terrains aménagés à cet effet (Art L 2223-1 CGCT), obligatoire, car l’entretien du cimetière fait partie des dépenses obligatoires de la commune (Art L2321-2 CGCT) et neutre pour garantir la laïcité des cimetières (Art L2213-9 CGCT).

Le droit à inhumation dans le cimetière est dû (Art L2223-3 CGCT) :

-aux personnes décédées sur le territoire de la commune;
-aux personnes domiciliées sur le territoire même si le lieu de décès est différent;
-aux personnes qui ont droit à sépulture familiale;
-aux Français établis hors de France mais inscrits sur les listes électorales de la commune .

 

Le cimetière et son environnement

Le cimetière est à la fois un lieu de rassemblement et d’accompagnement lors des inhumations ou bien d’isolement et de recueillement pour des visites ponctuelles des proches à leurs défunts. Ces deux dimensions induisent une hiérarchisation des zones de circulation autour et dans le cimetière.

Comme tout espace public, il est organisé en lien avec le tissu urbain ou le paysage environnant :

- une entrée facilement identifiable depuis les voies d’accès;
- des zones de stationnement : principales pour le quotidien et secondaires pour les jours de forte affluence;
- des accès et allées dimensionnés suivant l’usage (carrossable, accessible aux engins, piéton…);
- une accessibilité aux personnes à mobilité réduite (ressaut inférieur à 2 cm, rampe de faible pente, signalétique adaptée etc.).

Composer avec l’existant.

Mettre en valeur le patrimoine.

Caractériser chaque accès.

Être attentif au paysage.

© Joseph Rigot, Céline Eyraud - Vademecum "Construire le cimetière de demain", éd. Patrimoine Rhônalpin, URCAUE Rhône-Alpes, M&G Editions, 2010


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