Connexion    
DOSSIERS THÉMATIQUES FNCAUE
Dossiers Cimetières > Composition

Dessin et composition du cimetière

 

Trame, allées et ordonnancement

L’ordonnancement des allées peut être très varié : linéaire, tramé, curviligne ou aléatoire. En revanche, il doit être organisé par typologie de tombes (pleine terre, caveau ou columbarium) par exemple, permettant ainsi d’avoir une lisibilité et une certaine harmonie dans l’espace.

Les cheminements piétons se prêtent à une plus grande variété de traitement que les voies carrossables. Les impératifs techniques sont la résistance aux déformations du sol et la mise en œuvre de revêtements perméables limitant les eaux de ruissellement et évitant les sols glissants.

Un cimetière bien composé facilite l’orientation du visiteur et évite la mise en place d’une signalétique trop prégnante. Il est important de rendre identifiable depuis l’entrée les différentes parties constituant le cimetière.

Une implantation dans la pente ouvre des vues vers et depuis le cimetière. Par conséquent, il convient de composer avec le relief, d’optimiser les mouvements de terre, de gérer les eaux pluviales.



Cheminement piéton facilitant l’infiltration des eaux de pluies.

Cheminement entre cavurnes.

 

Regroupement des confessions

 

Le principe est celui de la neutralité des cimetières, mais l’Etat préconise de créer, dans les cimetières communaux, des « carrés confessionnels ». Ceci permet notamment de répondre aux vœux des différentes communautés de pouvoir enterrer leurs défunts dans le respect des principes définis par leur religion.

L’éventuelle incidence des questions confessionnelles sur l’aménagement du cimetière doit être évaluée à l’échelle de chaque commune.

Les regroupements confessionnels :

Le principe est la laïcité du cimetière, toutefois le maire disposant du pouvoir de déterminer l’emplacement des concessions, il est possible de créer un «regroupement de fait» de sépultures en fonction de la religion des défunts.
On devra veiller alors à intégrer cet espace dans le cimetière en ne créant pas de démarcation physique avec le reste du cimetière (barrière, mur, haie). De plus, l’autorisation d’inhumation est délivrée par le maire à la demande de la famille, il n’appartient pas aux représentants du culte de donner un avis favorable sur cette attribution (TA Grenoble 05/07/1993-DARMON), et en aucun cas cet espace ne doit figurer dans le règlement des cimetières avec un statut particulier (Circulaire 19.02.2008-BO ministère de l'Intérieur).

 

Clôtures et limites


Le cimetière est un lieu obligatoirement clos. Même si les murs doivent respecter une hauteur minimum de 1,5m, cette clôture peut revêtir des natures et des formes variées pour créer des vues vers le paysage alentour. Le cimetière est le lieu du recueillement et de l’isolement, mais il peut être aussi un lieu de contemplation et d’évasion de l’esprit.
À l’intérieur du cimetière, on peut imaginer différents aménagements pour délimiter des espaces : un talus engazonné, une haie bocagère, un fossé, un système de canaux, etc.

Un talus délimite l’espace cinéraire.

 

Objets funéraires et matériaux


Les monuments et les objets funéraires, portant souvent mention du nom des défunts, nous rappellent leur présence, constituent notre mémoire collective et participent à l’ambiance du cimetière. Ils sont les témoins d’une diversité de pratiques et de savoir-faire locaux, de modes dans l’art funéraire.

Il convient de veiller à une certaine harmonie dans l’utilisation des matériaux et la composition des monuments. Ainsi, il pourra être utile de prendre en compte les matériaux et objets funéraires existants et d’émettre quelques conseils, sans obligation, dans le règlement du cimetière. La mise en œuvre de matériaux de provenance locale et la préférence à la pierre des carrières les plus proches contribueront à une démarche de développement durable.
La seule exigence règlementaire possible concernant l’esthétisme du cimetière est la limitation des dimensions du monument. Pour les monuments présentant un intérêt patrimonial, une démarche de préservation pourra être entreprise.

La silhouette des monuments funéraires, entre diversité et harmonie.

 

Végétal


La végétation du cimetière peut prendre une symbolique toute particulière. Les arbres des cimetières au feuillage persistant comme les ifs, les buis, les cyprès dans le Sud donnent l’impression de ne pas donner prise aux saisons et semblent évoquer la mémoire intacte des défunts. Au contraire, les arbres à feuillage caduc offrent des tableaux sans cesse renouvelés, vivants, et peuvent créer des ambiances différentes. Lors des plantations on veillera :
- à l’orientation, aux vents dominants;
- à la présence de maçonnerie et de fondations particulières (dans le cas de terrasses notamment);
- au respect d’une certaine distance de plantation entre les arbres et les tombes en fonction de l’importance du racinaire à venir;
- à éviter les arbres dont les fruits ou le tanin salissent les pierres (chênes, châtaigniers…); mieux vaut les planter éloignés des tombes;
- à limiter l’entretien par la mise en œuvre de plantes tapissantes couvrant le sol et remplaçant le gazon par exemple;
- à limiter l’utilisation de désherbant, préférer le désherbage thermique (hors des zones d’émanation de gaz) ou manuel et réduire les surfaces à traiter par le remplacement des surfaces gravillonnées par la plantation de plantes vivaces supportant le piétinement (sedums, lierres…);
- à favoriser la biodiversité. Les cimetières peuvent être des zones de refuge pour de nombreuses plantes annuelles, comme le coquelicot.


Gestion de l’eau


Une bonne gestion de l’eau dans un cimetière est primordiale.
La mise en œuvre de fossés drainants en amont du cimetière pour canaliser les eaux de ruissellement minimisera tout risque de pollution des eaux souterraines.
Dans le cimetière, on veillera à limiter l’imperméabilisation du sol en utilisant des matériaux poreux et des revêtements non étanches. On favorisera l’infiltration superficielle des eaux pluviales par la mise en œuvre de noues et de fossés. Si la rétention d’eau s’avère indispensable, un rejet à débit limité sera mis en place.
La récupération des eaux de pluie pour l’arrosage du cimetière pourra être envisagée en veillant à ne pas récupérer les eaux polluées d’infiltration proche des tombes.

Noue ou fossé pour contenir les eaux de pluie.

 

Traitement des déchets


Les cimetières produisent de fortes quantités de déchets verts, il est donc intéressant de mettre en place un compost et d’organiser un traitement sélectif des déchets.
Les aires pour le tri seront placées judicieusement, de façon non visible, masquées par des claustras ou enterrées et facilement accessibles pour leur évacuation.

Tranchée drainante pour l’évacuation et/ou l’infiltration des eaux de pluie.

 

© Joseph Rigot, Céline Eyraud - Vademecum "Construire le cimetière de demain", éd. Patrimoine Rhônalpin, URCAUE Rhône-Alpes, M&G Editions, 2010


 → Haut de page

  Envoyer cet article

Réseaux sociaux

Contactez-nous

Adresse :

CAUE Rhône Métropole
6bis, quai Saint-Vincent
69283 Lyon cedex 01

Tel : 04 72 07 44 55

Fax : 04 72 07 44 59


Formulaire de contact