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DOSSIERS THÉMATIQUES FNCAUE
Dossiers Cimetières > Référence dans le Rhône - Gleizé

Maîtrise d’ouvrage : District de Villefranche-sur-Saône et Services techniques de la ville de Villefranche (Rhône)

Maîtrise d’œuvre : Atelier Arche

Coût des travaux : 220 000 € HT

Surface du parc paysager : 15 ha

Surface du centre funéraire : 760 m2

Date de livraison : 1991

(nouvel aménagement 2008)

 

Le cimetière paysager communautaire de Gleizé - Rhône






Descriptif


C’est en 1980 que le district de Villefranche-sur-Saône décide de lancer un concours pour son cimetière communautaire en déléguant la maîtrise d’ouvrage aux Services techniques de la Ville de Villefranche. C’est l’Atelier Arche qui remporte le concours et se voit confier la réalisation dont les travaux s’étaleront jusqu’en 1991, date de livraison du centre funéraire (760 m2). Le parc paysager d’une surface de 15 ha peut abriter 15000 concessions. Un nouveau «quartier» vient d’être aménagé dans la partie occidentale du cimetière.


Du cimetière de Villefranche-sur-Saône boulevard Gambetta inauguré en 1859, au cimetière paysager de Gleizé ouvert quelques 130 ans plus tard, on parcourt plus d’un siècle de pratiques funéraires, de cultures et modes, de représentations sociales marquées par la richesse ou l’humilité des tombes. Certains verront dans le nouveau cimetière l’appauvrissement d’un art qui appelait un savoir faire artisanal, en particulier de la pierre et de la ferronnerie aujourd’hui en disparition, faisant d’un grand nombre de cimetières de véritables musées de la mémoire. D’autres au contraire trouvent dans la sobriété des cimetières « jardins » une tendance nouvelle empruntée aux pays nordiques et anglo-saxons, une relation au cycle de la nature plus forte, au détriment certes du culte de la personne. Le cimetière de Gleizé s’inscrit dans cette évolution.

Face aux besoins d’extension des cimetières traditionnels enserrés dans le tissu urbain de Villefranche, Gleizé, Arnas et Limas qui composent la Communauté de communes, c’est le choix d’un site exceptionnel à flanc de coteaux qui a donné tout son sens au traitement paysager des lieux.
Composé d’un grand plateau et de terrasses successives ouvertes sur les collines du Beaujolais, le cimetière entre en résonance avec son environnement. Le long de la route d’Epinay, un grand mur de pierre dorée fait face aux vignobles et délimite les lieux. Dès l’entrée, le regard s’ouvre sur la pelouse du Souvenir qui force l’arrêt, marque le passage de l’agitation au silence, imposé par la force de la présence du végétal. On sait dès lors qu’on pénètre dans un parc, un lieu ouvert de recueillement et de méditation, mais aussi de promenades sereines où se croisent enfants, personnes âgées, promeneurs solitaires ou familles dans la peine.
Divisé en «quartiers» et loges de verdures repérées par une adresse : «le verger»,«les genêts», «la chênaie», «les cèdres» le cimetière prend les couleurs de chacun des traitements floraux et arborés de la saison. Les pommiers, arbres de vie et de connaissance, les rosiers buissons, les rangées de vignes composent la trame où viennent s’élever les stèles de faible hauteur, laissant la pelouse s’étendre au sol, comme un lien entre tous, dans un jardin sans limite. Gravés sur la pierre dorée, un nom, un prénom, une date de naissance et de décès ponctuent les pas du visiteur. Les fleurs en pleine terre rappellent ici que le cérémonial des vivants est toujours présent : trajet de la fontaine aux plantes annuelles ou vivaces, transport de l’eau qui maintiendra la sépulture fleurie, geste d’entretien du jardin que chacun peut apporter par ce rituel.
En contrebas, le bâtiment du centre funéraire est décrit par les architectes concepteurs comme «une énorme dalle perforée», qui devait à l’origine du projet s’encastrer dans la pente du vallon. Cette dalle, pesante, rappelant la fragilité des hommes devant la mort, s’appuie sans donner réellement une impression de stabilité mais plutôt de suspension, sur une trame carrée de poteaux et fait aussi limite horizontale au regard vers le ciel. Des enceintes successives se présentent ; on se situe sans cesse dans un lieu de transition. La salle des cultes, dont la lumière vient du nord, est un cube parfait et se décale de la trame constructive du reste du bâtiment. Elle est en métal doré, couleur et plus que couleur, symbole que l’on retrouve dans de nombreux espaces funéraires. La façade du hall d’accueil est transparente...


Catherine Grandin-Maurin, architecte, directrice du CAUE du Rhône


Bibliographie




Parcs, jardins et paysages du Rhône, éd. CAUE du Rhône, 2009.



Le cimetière divisé en "loges de verdures" Un quartier aménagé face aux collines du Beaujolais
Détail de l’une des allées Terrasse surplombant la vallée

Crédits photographiques :Denis Palanque



© CAUE du Rhône

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