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EXPOSITION • Le Vivre et le Couvert. Domnique Blaise - du 25 janv au 18 mars 2006

 

Dominique Blaise construit sa trajectoire de plasticien qui expérimente le rapport des forces entre elles, déstabilise la statique et démultiplie l’espace en tension.
Il pose une nouvelle fois la question du rapport entre art et architecture.

 












→ Rencontre Artiste comme Architecte


• Portrait de l’artiste en rêveur d’espace


L’espace est-il au service de l’artiste ou l’artiste au service de l’espace ? Chaque exposition est l’occasion pour Dominique Blaise d’apporter une réponse originale et pertinente à cette question. Avec les installations qu’il a conçues pour le CAUE, l’artiste se sert de l’espace pour le servir (et non pour l’asservir à des partis pris esthétiques inamovibles), pour le révéler (et non pour le ravaler à des idées préconçues et forcément réductrices). Il n’est jamais prisonnier des contraintes que lui impose le lieu d’exposition, car son travail d’artiste – et c’est en cela peut-être qu’il est proche de l’architecte – l’oblige constamment à tenir compte de l’espace qui lui est proposé pour inventer un nouveau dispositif, en évitant d’appliquer des recettes toutes faites, même si, par ailleurs, elles ont pu faire leur preuve. André Gide disait que l’Art naît de contraintes et meurt de libertés. Dominique Blaise parvient à transformer la contrainte spatiale en liberté.
Ou plutôt il réussit à la modeler selon sa fantaisie avec une rigueur remarquable. L’emploi du mot fantaisie peut sembler incongru pour qualifier son travail. Il est vrai que ce terme est souvent réduit aux connotations péjoratives de son adjectif. Mais il faut l’entendre au sens qu’il avait au XVIIe siècle. La fantaisie, c’est à la fois la liberté, le rêve, l’imagination, l’imprévu, l’extraordinaire. L’esthétique classique subordonnait cette fantaisie à des règles strictes, l’art était soumis au contrôle de la raison. N’est-ce pas aussi le cas chez Dominique Blaise ? Les installations de l’artiste trouvent toujours leur juste équilibre entre la rigueur et la fantaisie, l’austérité et l’humour. Rigueur de l’architecte qui construit l’espace, fantaisie de l’artiste qui le transforme au gré de son imagination. Et si l’on renversait le cliché ? L’artiste n’est pas cet être folâtre, vaguement irresponsable et insouciant, perdu dans ses rêveries, auquel voudrait le réduire la langue commune. L’architecte n’est pas ce froid géomètre qui se contente d’ajuster le monde à la mesure de ses plans. Il y a tout aussi bien de la rigueur et de la précision chez l’artiste qui calcule, prévoit, ordonne au millimètre près ses jeux d’équilibre, ses suspensions dans l’espace, ses constructions éphémères. Il y a tout aussi bien de la fantaisie chez l’architecte qui imagine notre environnement pour l’extraire de l’ordinaire et du tout-venant architectural, pour transformer poétiquement le monde que nous habitons. Les artistes et les architectes sont des rêveurs d’espace : les uns, comme Henri Gaudin, n’ont de cesse d’interroger «la réalité poétique de l’espace bâti». Les autres, comme Dominique Blaise, inventent à chaque exposition une nouvelle poétique de l’espace. Le Couvert des architectes et le Couvert des maçons, deux œuvres présentées au CAUE, permettent à l’artiste d’interroger subtilement le contexte tout en gardant son vocabulaire plastique habituel. Et le spectateur de retrouver, avec étonnement et plaisir, cette légèreté qui se joue de la pesanteur avec grâce, cette présence qui en impose sans s’imposer. Tout ne tient qu’à un fil, rien ne pèse ni ne pose. Tout peut s’écrouler peut-être, mais tout reste magnifiquement en place, dans un équilibre fragile, précaire, et cependant orchestré d’une main de maître. D’un côté il met en scène un environnement qui est comme une «Gesamtkunstwerk», une œuvre d’art totale : le spectateur est invité participer à un étrange banquet platonicien, où fusent, à peine visibles, des reliefs d’architecture sur de longues tables blanches, aux rythmes effrénés de Charles Ives et dans le crépitement des projecteurs de diapositives. D’un autre côté, l’artiste intervient derrière un ascenseur et propose, dans le silence et la discrétion, presque invisible pour le spectateur distrait et inattentif, une pièce plus modeste, qui trouve sa place ici et maintenant, mais comme si elle avait toujours été là, révélant un espace auquel personne ne songeait à prêter attention. Ainsi, en se confrontant à l’espace du CAUE, Dominique Blaise devient-il ’architecte d’une autre architecture.

Fabrice Treppoz, galerie Domi Nostrae, janvier 2006.

 

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